Perché au cœur de l’île de La Réunion, le cirque de Cilaos incarne à lui seul toute la majesté des paysages réunionnais. Dominé par le Piton des Neiges, point culminant de l’océan Indien à 3 071 mètres d’altitude, ce territoire spectaculaire conjugue beauté naturelle brute et patrimoine culturel d’une richesse exceptionnelle. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO dans l’ensemble des Pitons, Cirques et Remparts, Cilaos attire chaque année des milliers de visiteurs en quête d’authenticité et de paysages grandioses. Entre remparts vertigineux sculptés par l’érosion, eaux thermales bienfaisantes et traditions artisanales préservées, ce cirque volcanique offre une expérience unique aux amateurs de nature et de culture créole.

Géomorphologie du cirque volcanique de cilaos : formation et relief escarpé

Le cirque de Cilaos constitue l’une des trois vastes dépressions naturelles qui entaillent les flancs du massif du Piton des Neiges, aux côtés de Mafate et Salazie. Cette gigantesque cuvette d’environ 84,4 km² présente une configuration géologique sans équivalent dans le monde. Formée il y a plusieurs centaines de milliers d’années, sa genèse demeure sujette à débat parmi les scientifiques. Certains géologues privilégient l’hypothèse d’une caldeira résultant de l’effondrement brutal de la partie sommitale du volcan après le retrait du magma dans les chambres profondes. D’autres spécialistes attribuent plutôt cette morphologie spectaculaire à l’action conjuguée de l’érosion régressive et du ruissellement, amplifiée par les précipitations diluviennes caractéristiques du climat tropical réunionnais.

Les remparts qui ceinturent le cirque atteignent des dénivelés vertigineux pouvant dépasser 1 200 mètres, avec des pentes souvent supérieures à 60%, parfois même verticales. À l’ouest, le Grand Bénare culmine à 2 898 mètres, tandis qu’au nord se dressent les sommets emblématiques du Gros Morne (3 019 m) et du Piton des Neiges. Cette configuration crée un amphithéâtre naturel d’une beauté saisissante, où alternent parois abruptes, plateaux suspendus et ravines profondément encaissées. Le fond du cirque, situé entre 675 et 1 566 mètres d’altitude, présente un relief extrêmement compartimenté en petits plateaux appelés localement ilets, véritables îles de montagne isolées par les ravines.

L’érosion continue de sculpter ce paysage avec une intensité remarquable. Le réseau hydrographique, particulièrement dense, comprend quatre cours d’eau principaux : le Bras de Saint-Paul, le Bras Rouge, le Bras de Benjoin et le Petit Bras de Cilaos. Ces rivières torrentielles, alimentées par des précipitations pouvant atteindre 1 870 mm en 24 heures lors des épisodes cycloniques, creusent sans relâche les formations volcaniques. Cette action morphogénique crée des formations de type badlands, paysages ravinés caractérisés par un aspect strié spectaculaire visible sur les pentes dénudées. Vous pourrez observer ces processus géologiques actifs lors de vos randonnées, témoignant de la jeunesse géologique de l’île et de la puissance des forces naturelles à l’œuvre.

Accès au village de cilaos par la

Accès au village de cilaos par la route aux 400 virages : infrastructure et aménagements routiers

L’accès au cirque de Cilaos illustre parfaitement la notion d’insularité montagnarde. Longtemps, le village n’était relié au reste de l’île que par des sentiers escarpés, empruntés à pied ou en chaise à porteurs. L’ouverture de la Route Nationale 5 (RN5) en 1932 marque un tournant majeur : cet axe routier, surnommé la « route aux 400 virages », permet de franchir le rempart sud du cirque en suivant la gorge du Bras de Cilaos. Sur un peu moins de 40 km entre Saint-Louis et le bourg, la route grimpe de 80 à plus de 1 200 mètres d’altitude, en épousant au plus près un relief extrêmement accidenté.

Conçue initialement comme une simple voie carrossable, la RN5 a fait l’objet de nombreux aménagements et rectifications de tracé pour s’adapter à l’augmentation du trafic touristique et aux aléas naturels. Aujourd’hui, elle constitue une véritable vitrine paysagère du cirque, tout en restant un axe fragile soumis aux chutes de pierres, glissements de terrain et crues torrentielles. Conduire sur cette route demande donc prudence et anticipation, mais l’expérience de la montée vers Cilaos fait partie intégrante du voyage et contribue à la réputation mythique du site.

Le tracé sinueux de la RN5 depuis Saint-Louis : caractéristiques techniques

Depuis la sortie de Saint-Louis, la RN5 remonte la vallée encaissée de la rivière Saint-Étienne avant de s’engager dans la gorge du Bras de Cilaos. À partir du lieu-dit Le Pavillon, la route bascule véritablement dans le cirque, enchaînant lacets serrés, épingles à cheveux et rampes impressionnantes. Le profil en long affiche des pentes pouvant atteindre 10 à 12 %, avec une succession de courbes très rapprochées qui justifie son surnom de route aux 400 virages. Localement, la voie se réduit à une chaussée étroite bordée de murs de soutènement et de parapets, imposant une circulation modérée.

Sur le plan technique, la RN5 a été aménagée pour concilier sécurité et intégration paysagère. Les ingénieurs ont dû s’adapter au substrat volcanique fracturé, au risque d’érosion et aux contraintes hydrologiques. De nombreux dispositifs de drainage (fossés, caniveaux, buses) évacuent les eaux de ruissellement lors des épisodes pluvieux intenses. Les zones les plus instables ont été sécurisées par des filets pare-blocs, des écrans grillagés et des ouvrages de soutènement en béton ou en gabions. Malgré ces travaux, l’axe demeure régulièrement impacté par les événements climatiques extrêmes, ce qui implique des fermetures ponctuelles pour purges et réparations.

Points de vue panoramiques stratégiques : belvédère du pavillon et cap noir

La route de Cilaos ne se contente pas de relier le littoral au cirque : elle met en scène le paysage. Plusieurs aires de stationnement et belvédères ont été aménagés le long du tracé pour permettre des pauses sécurisées et des haltes d’observation. Le belvédère du Pavillon, situé à la confluence du Grand Bras et du Petit Bras de Cilaos, marque symboliquement l’entrée du cirque. Depuis ce point, vous pouvez contempler la gorge encaissée, les versants ravinés et percevoir la complexité du relief qui a longtemps protégé le territoire.

Plus en amont, d’autres haltes offrent des vues plongeantes sur les ravines de Bras Rouge et de Benjoin, ainsi que sur les îlets perchés comme Palmiste Rouge ou Mare Sèche. Le Cap Noir, belvédère bien nommé situé sur un promontoire en hauteur (souvent atteint plutôt depuis les Makes), constitue l’un des points d’observation les plus spectaculaires sur le cirque de Cilaos et le massif du Piton des Neiges. De là, l’amphithéâtre volcanique se dévoile comme une immense maquette géologique : pitons, remparts, plateaux cultivés et rubans de route s’ordonnent dans un panorama à 180°, idéal pour comprendre la structure d’ensemble du site.

Tunnels et ouvrages d’art le long de la montée vers cilaos

Pour franchir les reliefs les plus abrupts, la RN5 s’appuie sur une série d’ouvrages d’art remarquables. Ponts, radiers submersibles, murs de soutènement et tunnels ponctuent le tracé, témoignant du défi technique relevé par les ingénieurs dès la fin des années 1920. Le plus célèbre d’entre eux reste le « Pont de la Boucle », ouvrage en spirale qui permet à la route de s’enrouler sur elle-même afin de compenser un décalage d’alignement entre deux tronçons percés depuis des directions opposées. Véritable curiosité routière, ce pont illustre l’ingéniosité mobilisée pour dompter un terrain extrêmement contraignant.

Plusieurs tunnels taillés dans la roche, dont le tunnel de Gueule Rouge, percent les arêtes les plus saillantes et sécurisent des passages autrefois exposés aux chutes de blocs. La section entre Le Pavillon et Mare Sèche cumule ainsi des ouvrages variés destinés à franchir les ravines affluentes et à limiter l’impact des crues soudaines. Pour le visiteur, ces successions de ponts, de tranchées rocheuses et de tunnels renforcent l’impression d’entrer dans un véritable « monde à part », isolé du littoral par une muraille de basalte.

Conditions de circulation et restrictions pour véhicules lourds

En raison de sa configuration étroite, sinueuse et pentue, la route aux 400 virages fait l’objet de règles de circulation spécifiques. Les vitesses sont volontairement limitées, souvent à 50 km/h voire moins, et certains tronçons imposent une vigilance accrue, notamment par temps de pluie ou de brouillard. Les véhicules de grande longueur (autocars de tourisme, poids lourds) sont soumis à des restrictions de gabarit et de tonnage ; des créneaux horaires peuvent être mis en place pour encadrer leur passage et éviter les croisements dans les sections les plus étroites.

En période cyclonique ou lors d’épisodes pluvieux intenses, la RN5 peut être fermée de manière préventive ou à la suite d’éboulements. Avant de monter à Cilaos, il est donc recommandé de consulter les informations de circulation mises à jour par les autorités routières locales. Vous voyagez avec des enfants ou n’êtes pas à l’aise en montagne ? Privilégiez, si possible, les bus réguliers ou les transferts avec chauffeurs professionnels, habitués à ce type de route. Malgré ces contraintes, plus de 400 000 touristes empruntent chaque année cet axe, preuve de son importance vitale pour la vie économique et touristique du cirque.

Thermalisme et sources minérales de cilaos : exploitation hydrothermale réunionnaise

Au-delà de ses paysages volcaniques, Cilaos s’est imposé comme le principal pôle de thermalisme de La Réunion. Les sources chaudes qui émergent au pied du massif du Piton des Neiges alimentent depuis le XIXe siècle une activité hydrothermale structurée autour des cures et du bien-être. Seule station thermale de l’île aujourd’hui en fonctionnement, Cilaos associe ainsi géologie, santé et tourisme dans un modèle original d’exploitation des ressources naturelles.

Les eaux thermales de Cilaos, captées en profondeur, se distinguent par leur richesse minérale et leur température naturellement élevée. Utilisées à la fois pour les soins médicaux, les cures de remise en forme et la production d’eau minérale gazeuse, elles constituent un atout majeur pour diversifier l’offre touristique du cirque. Dans un cadre de haute montagne tropicale, la station thermale propose une expérience singulière, à mi-chemin entre station de cure continentale et destination d’écotourisme.

Composition chimique des eaux thermales du captage de cilaos

Les eaux thermales de Cilaos proviennent d’un long parcours souterrain au sein du massif volcanique du Piton des Neiges. Infiltrées à travers des fractures profondes, elles se chargent en minéraux au contact des roches basaltiques et émergent sous forme de sources chaudes. Du point de vue hydrochimique, il s’agit d’eaux bicarbonatées sodiques, riches en silice, en oligo-éléments et en gaz carbonique naturel. Cette composition particulière explique leurs propriétés digestives et dermatologiques.

La présence de dioxyde de carbone dissous confère aux eaux de Cilaos un pouvoir légèrement effervescent, mis à profit pour la production d’une eau minérale gazeuse embouteillée et distribuée à l’échelle de l’île. Les bicarbonates et certains ions (sodium, calcium, magnésium) contribuent à l’action équilibrante sur les troubles digestifs et métaboliques. Cette alchimie naturelle, façonnée par la géologie volcanique, rapproche les eaux de Cilaos de certaines stations thermales réputées d’Europe, tout en leur donnant une signature unique liée au substrat basaltique réunionnais.

Histoire des thermes de cilaos et traitements hydrothérapiques proposés

La découverte des sources chaudes de Cilaos remonte au début du XIXe siècle, lorsque Paulin Técher, chasseur de cabris, repère des émergences d’eau chaude dans le lit du Bras des Étangs. Les premiers bains sont alors aménagés de manière rudimentaire sous forme de bassins creusés dans la roche, fréquentés par les habitants des Bas venant « prendre les eaux » pour soulager rhumatismes et affections cutanées. À la fin du XIXe siècle, un véritable établissement thermal est construit sous la supervision du docteur Jean-Marie Mac-Auliffe, posant les bases de la vocation thermale de Cilaos.

Après plusieurs destructions liées aux cyclones et aux crues, l’actuel établissement thermal Irénée Accot ouvre ses portes en 1987, avant d’être modernisé en 2007 puis 2017. Les Thermes de Cilaos proposent aujourd’hui des cures conventionnées orientées notamment vers la rhumatologie et les affections digestives, ainsi que des soins de balnéothérapie et de bien-être : bains à jets, douches sous-marines, enveloppements, jacuzzi, parcours de remise en forme. Vous pouvez y opter pour une cure médicale de plusieurs semaines ou pour une journée détente combinant soins d’eau et massages, idéale après une randonnée exigeante vers le Piton des Neiges.

Station thermale et label patrimoine thermal de france

Si Cilaos n’appartient pas au cercle historique des grandes stations thermales métropolitaines, elle s’inscrit néanmoins dans un mouvement plus large de valorisation du patrimoine thermal français. À travers la mise en avant de ses sources, de son architecture et de son histoire médicale, la station participe à la redécouverte des cultures de l’eau. L’établissement Irénée Accot et les anciens bâtiments thermaux constituent ainsi des témoins précieux de l’évolution des pratiques de cure sous les tropiques, entre médecine coloniale, tourisme de santé et bien-être contemporain.

Dans cette perspective, la commune cherche à articuler davantage son identité de « village de montagne » avec celle de station thermale, en s’inspirant par exemple des jumelages avec des communes alpines comme Chamonix. L’objectif est double : renforcer la notoriété des Thermes de Cilaos au sein du réseau thermal français et positionner le cirque comme une destination de slow tourism, où l’on vient autant pour se soigner que pour se ressourcer dans un environnement préservé. Cette stratégie suppose toutefois de concilier préservation de la ressource en eau, contraintes géotechniques du site et développement d’infrastructures adaptées.

Viticulture de montagne : les vignobles en terrasses du chai de cilaos

La viticulture de montagne constitue l’une des particularités les plus surprenantes du cirque de Cilaos. À plus de 1 000 mètres d’altitude, sur des terrasses volcaniques caillouteuses, s’étend un vignoble confidentiel mais emblématique, porté par la coopérative du Chai de Cilaos depuis le début des années 1990. Il s’agit du premier vignoble européen implanté dans l’hémisphère sud, bénéficiant du statut de « Vin de Pays de Cilaos » depuis 2004.

Les parcelles viticoles se concentrent principalement autour d’Îlet à Cordes, Bras-Sec et Palmiste Rouge, où les pentes ont été épierrées et aménagées en petites restanques. Le climat, plus sec et ensoleillé que dans les autres cirques, combiné à des températures nocturnes fraîches, favorise une maturation lente des raisins et une bonne expression aromatique. Cependant, les risques cycloniques et les épisodes de pluie intense en fin d’été imposent une grande vigilance : les vendanges sont souvent avancées pour limiter les pertes, rendant la viticulture de Cilaos particulièrement exigeante.

Artisanat traditionnel cilaosien : broderie et vinification locale

Le cirque de Cilaos ne se résume pas à ses reliefs et à ses sentiers : il abrite également un patrimoine immatériel riche, façonné par des générations d’habitants. Deux savoir-faire se distinguent particulièrement : la broderie dite des « Jours de Cilaos » et la vinification locale, héritage des premières vignes introduites dans le cirque. Ces pratiques artisanales, intimement liées au cadre montagnard, participent à l’identité culturelle du territoire et constituent des attraits touristiques de premier plan.

En flânant dans le bourg ou dans les îlets, vous découvrirez de petites boutiques, des ateliers et des exploitations viticoles où l’on perpétue ces traditions avec passion. Brodeuses patientes travaillant au tambour, vignerons soignant leurs ceps sur des parcelles en forte pente, distillateurs élaborant rhums arrangés et liqueurs de fruits : autant de visages qui donnent une dimension humaine au paysage monumental de Cilaos.

La broderie de cilaos : technique du jours et points spécifiques

La broderie de Cilaos, souvent appelée « broderie à jours », est née au tournant du XXe siècle, lorsque les filles du docteur Mac-Auliffe introduisent auprès des jeunes Cilaosiennes des modèles et techniques venus d’Europe. Rapidement appropriée et adaptée au contexte local, cette pratique donne naissance à un style original, reconnu pour sa finesse et sa géométrie délicate. Réalisée principalement sur toile de coton blanc, elle consiste à tirer ou couper certains fils du tissu, puis à les regrouper et les rebroder pour créer des motifs ajourés.

Les brodeuses utilisent un tambour pour tendre la toile et travaillent avec un fil fin, longtemps uniquement blanc, aujourd’hui parfois coloré. Parmi les motifs emblématiques, on trouve les jours en échelle, jours en toile d’araignée, jours en marguerite ou encore les compositions évoquant les remparts et pitons du cirque. Chaque pièce demande de nombreuses heures de travail et une concentration extrême, ce qui explique le caractère précieux de ces ouvrages, prisés des collectionneurs et des amateurs de décoration raffinée.

Maison de la broderie et transmission du savoir-faire artisanal

Pour préserver et valoriser ce patrimoine textile, la commune a créé la Maison de la Broderie au cœur du bourg de Cilaos. Ce lieu d’exposition et de transmission rassemble des pièces anciennes, des créations contemporaines et des supports pédagogiques expliquant l’histoire et les techniques des « Jours de Cilaos ». Vous pouvez y observer des brodeuses à l’œuvre, suivre des démonstrations et, dans certains cas, participer à des initiations pour vous familiariser avec les points de base.

La Maison de la Broderie joue également un rôle économique en offrant aux artisanes un espace de vente structuré, qui garantit la qualité et l’authenticité des pièces proposées. Dans un contexte de concurrence avec les produits industriels, cette structuration contribue à maintenir une activité rémunératrice pour les brodeuses locales. Elle participe ainsi à la reconnaissance d’un artisanat d’art ancré dans un territoire de montagne, tout en suscitant des vocations parmi les jeunes générations.

Production viticole d’altitude : cépages malbec et pinot noir à cilaos

La production viticole de Cilaos repose aujourd’hui sur une combinaison de cépages dits « nobles » adaptés aux contraintes de la haute altitude tropicale. Sous l’impulsion de l’INRA et du CIRAD, la coopérative du Chai de Cilaos a introduit à partir de 1992 des variétés comme le Malbec, le Pinot Noir, le Chenin ou le Verdelho, afin de remplacer progressivement les vieux ceps du cépage Isabelle, prohibé pour la commercialisation. Ces cépages, réputés pour leur potentiel aromatique, sont cultivés sur de petites parcelles en terrasses, souvent travaillées à la main en raison de la pente.

Le Malbec et le Pinot Noir donnent des rouges structurés, aux notes de fruits rouges et d’épices, tandis que le Chenin permet l’élaboration de blancs secs vifs et aromatiques. Les rendements, limités par les conditions climatiques et la faible profondeur des sols, restent modestes : en année favorable, la production totale tourne autour de 30 000 bouteilles. Une partie est commercialisée au Chai de Cilaos, où vous pouvez déguster et découvrir les spécificités de ce vignoble de montagne atypique. Le reste alimente la restauration locale, renforçant le lien entre gastronomie créole et produits du terroir.

Distillation du rhum arrangé et liqueurs artisanales cilaosiens

En parallèle du vin, Cilaos s’illustre par une production plus discrète mais très appréciée : les rhums arrangés et liqueurs artisanales. Si la distillation du rhum agricole se fait principalement sur la côte, les habitants du cirque ont développé un savoir-faire dans la macération de fruits, d’épices et de plantes de montagne dans le rhum. Lentilles confites, agrumes des Hauts, goyavier, tangor, vanille, cannelle, plantes tisanières : la palette d’arômes reflète directement la biodiversité environnante.

Ces boissons, souvent élaborées de manière familiale, sont proposées dans certains gîtes, tables d’hôtes et petites boutiques du bourg. Elles accompagnent les repas traditionnels ou s’offrent comme souvenirs gustatifs du séjour. Vous vous demandez comment prolonger l’expérience Cilaos une fois rentré chez vous ? Un petit flacon de rhum arrangé aux saveurs de cryptoméria et de fleurs sauvages vous rappellera à coup sûr l’ambiance des soirées fraîches dans le cirque.

Randonnées pédestres et sentiers GR du cirque de cilaos

Véritable « cathédrale » naturelle de basalte, le cirque de Cilaos est parcouru par un réseau dense de sentiers balisés, adaptés à tous les niveaux de pratique. Les itinéraires de grande randonnée GR R1 et GR R2, qui font le tour du Piton des Neiges et traversent l’île du sud au nord, empruntent plusieurs tronçons spectaculaires au départ du bourg. À cela s’ajoutent des boucles locales permettant de relier les îlets, d’accéder à des belvédères ou de descendre dans les canyons.

Que vous soyez marcheur occasionnel ou montagnard aguerri, vous trouverez à Cilaos un terrain de jeu à la hauteur de vos envies : balades familiales vers la Roche Merveilleuse, itinéraires aquatiques vers La Chapelle ou canyon de Bras Rouge, ascension sportive du Piton des Neiges, traversées engagées vers Mafate par le col du Taïbit. La clé d’une expérience réussie ? Bien préparer vos sorties, tenir compte de la météo et respecter un environnement fragile, inscrit au cœur du Parc national de La Réunion.

Ascension du piton des neiges depuis le plateau du petit matarum

L’ascension du Piton des Neiges depuis Cilaos est l’une des randonnées les plus emblématiques de l’océan Indien. Le départ se fait au lieu-dit « Le Bloc », accessible en voiture quelques kilomètres au nord du bourg. Le sentier grimpe d’abord à travers la forêt du Grand Matarum, puis rejoint le plateau du Petit Matarum, reboisé en cryptomérias. À partir de là, la pente se redresse fortement pour franchir le rempart est du cirque, avec des sections où le sentier semble s’accrocher à la paroi comme un escalier naturel.

Après environ 4 à 5 heures de montée, on atteint le refuge de la Caverne Dufour, situé à 2 470 mètres d’altitude. La plupart des randonneurs y passent quelques heures de repos ou une courte nuit avant de reprendre vers 3 ou 4 heures du matin, afin d’atteindre le sommet pour le lever du soleil. La dernière portion, minérale et dépourvue de végétation, traverse des lapillis volcaniques et d’anciennes coulées oxydées, avant de déboucher sur le plateau sommital à 3 070 mètres. Par temps clair, la vue s’étend alors sur l’ensemble de l’île, les trois cirques et l’océan Indien, offrant un spectacle inoubliable.

Sentier de la roche merveilleuse et panorama sur le cirque

Pour une découverte plus accessible, le sentier de la Roche Merveilleuse propose une immersion rapide dans l’univers des forêts de montagne et des panoramas cilaosiens. Le départ se situe en amont du bourg, près de la route de Bras-Sec. Après une courte montée en sous-bois, ponctuée de panneaux botaniques présentant la flore endémique des Hauts, le sentier débouche sur une esplanade rocheuse aménagée en belvédère : la Roche Merveilleuse.

Depuis ce promontoire, vous profitez d’une vue plongeante sur le bourg de Cilaos, la Mare à Joncs, les îlets voisins et les remparts qui ferment le cirque. C’est un excellent point de lecture du paysage, idéal pour comprendre la disposition des plateaux, des ravines et des sommets. Cette randonnée, réalisable en moins de deux heures aller-retour, convient bien aux familles et constitue une première approche des reliefs sans difficulté technique majeure. En fin de journée, la lumière rasante vient souligner les reliefs et accentuer les contrastes entre forêts, cultures et parois rocheuses.

Canyon de bras rouge et pratique du canyoning sportif

Le canyon de Bras Rouge, facilement visible depuis certains points de la RN5, est l’un des sites phares de canyoning du cirque de Cilaos. Sculpté dans les laves et les brèches volcaniques, il alterne cascades, bassins profonds et toboggans naturels aux eaux parfois teintées d’ocre par les oxydes de fer. Encadrées par des professionnels, les descentes de Bras Rouge s’adressent aussi bien aux débutants curieux de découvrir le canyoning qu’aux sportifs souhaitant enchaîner rappels et sauts dans un décor grandiose.

L’accès se fait généralement à pied depuis les alentours du bourg ou de la route, avant de rejoindre le lit de la rivière équipé. Au fil de la progression, vous percevrez concrètement la puissance de l’érosion à l’œuvre dans ce cirque volcanique : parois polies, blocs sculptés, marmites de géant. Comme toujours en milieu tropical, la prudence s’impose : les niveaux d’eau peuvent varier très rapidement en cas de pluie en amont. Il est donc fortement recommandé de passer par un prestataire agréé, qui saura adapter l’itinéraire aux conditions du jour.

Liaison vers mafate par le col du taïbit : itinéraire technique

Le col du Taïbit constitue l’un des passages les plus spectaculaires entre les cirques de Cilaos et de Mafate. Accessible depuis l’îlet de Bras-Sec ou la route d’Îlet à Cordes, le sentier s’élève progressivement à flanc de rempart, en surplombant les ravines et les cultures en terrasse. Après avoir traversé quelques zones boisées et franchi plusieurs belvédères naturels, il atteint le col proprement dit, situé à plus de 2 000 mètres d’altitude, sur la crête des Trois Salazes.

De ce point, la vue bascule d’un cirque à l’autre : d’un côté Cilaos, ses îlets et ses sommets dominants ; de l’autre, Mafate, réputé pour son isolement et l’absence de route. La descente vers Marla, premier îlet mafatais, se fait alors sur un sentier en lacets dans un environnement plus minéral. Cet itinéraire, très prisé des randonneurs au long cours, nécessite une bonne condition physique et une météo stable, mais il offre l’une des expériences les plus fortes de l’île intense : la sensation de franchir une frontière naturelle entre deux mondes, reliés par un simple col accroché au-dessus du vide.